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Lorsque des parents se séparent, deux questions reviennent presque systématiquement : où vivra l’enfant, et comment se répartira financièrement son entretien ? Le cabinet Lex Valorys, avocats en droit de la famille à Rochefort et à Surgères, fait le point sur les règles applicables.

La fixation de la résidence de l’enfant

Deux cas de figure se présentent :

  • Les parents s’entendent : dans cette hypothèse, le juge aux affaires familiales (JAF) homologue leur accord sur ce point. Il est important d’avoir un jugement, même lorsque les deux parents s’entendent.
  • Les parents sont en désaccord : c’est alors le JAF qui tranche, saisi par requête ou assignation.

Le juge se prononce dans le seul intérêt de l’enfant, en tenant compte notamment de la pratique suivie précédemment par les parents, des sentiments exprimés par l’enfant mineur, lorsqu’il est capable de discernement (il peut être entendu directement par le juge), de l’aptitude de chaque parent à assumer ses devoirs et à respecter les droits de l’autre, etc.

Résidence alternée ou résidence chez un parent

La loi ne privilégie aucun mode de résidence. Le juge peut ordonner :

  • une résidence alternée, chez chacun des parents ;
  • une résidence fixée chez l’un des parents, l’autre bénéficiant d’un droit de visite et d’hébergement (classiquement un week-end sur deux et la moitié des vacances scolaires, mais ce schéma n’a rien d’obligatoire et peut être adapté).
Critère Résidence alternée Résidence chez un parent
Lieu de vie de l’enfant Chez chacun des parents, en alternance Chez un parent, l’autre exerçant un droit de visite et d’hébergement
Rythme Fixé par l’accord des parents ou par le juge (souvent une semaine sur deux) Classiquement un week-end sur deux et la moitié des vacances, adaptable
Pension alimentaire Possible si les revenus des parents sont très différents En principe versée par le parent chez qui l’enfant ne réside pas
Autorité parentale Exercée en commun Exercée en commun, sauf décision contraire du juge

La pension alimentaire

Le principe

Chaque parent doit contribuer à l’entretien et à l’éducation de l’enfant, proportionnellement à ses ressources et à celles de l’autre parent, ainsi qu’aux besoins de l’enfant. Cette obligation existe que les parents soient mariés, pacsés ou en union libre, et perdure même en cas de résidence alternée si les revenus des parents sont très différents.

Le calcul et les modalités

Il n’existe pas de formule légale unique, mais le ministère de la Justice publie une table de référence (souvent appelée « barème »).

La pension est en principe versée jusqu’à la majorité de l’enfant, et au-delà s’il poursuit des études ou n’est pas encore autonome financièrement.

Elle est le plus souvent indexée chaque année sur un indice de référence (mentionné dans la décision ou la convention), afin d’évoluer avec le coût de la vie.

Depuis 2020, l’Agence de recouvrement et d’intermédiation des pensions alimentaires (Aripa), rattachée aux caisses d’allocations familiales, peut assurer le versement automatique de la pension d’un parent à l’autre (intermédiation financière), ce qui limite les risques d’impayés. Depuis le 1er janvier 2023, cette intermédiation est mise en place automatiquement dès que la pension est fixée par un titre exécutoire, sauf refus des deux parents.

Peut-on la faire réviser ?

Oui. En cas de changement significatif dans la situation de l’un des parents ou dans les besoins de l’enfant (perte d’emploi, augmentation de revenus, déménagement, augmentation des besoins de l’enfant, etc.), elle peut être révisée par un nouvel accord entre les parents ou par une nouvelle saisine du JAF si le désaccord persiste.

Que faire en cas d’impayé ?

Lorsque la pension n’est pas payée, le parent créancier peut s’adresser à l’Aripa ou à un commissaire de justice, qui peut mettre en œuvre une procédure de paiement direct (pour les six derniers mois et les échéances à venir) ou une saisie. Ne pas payer intégralement la pension pendant plus de deux mois constitue par ailleurs le délit d’abandon de famille.

En pratique : quelle procédure engager ?

  • Tenter un accord amiable avec l’assistance d’un avocat et le faire homologuer par le juge pour sécuriser son exécution.
  • À défaut d’accord, saisir avec l’assistance d’un avocat le juge aux affaires familiales du tribunal judiciaire compétent (celui du lieu de résidence de l’enfant).

Lorsque la séparation intervient dans le cadre d’un divorce, ces questions sont réglées dans la procédure de divorce, d’abord au titre des mesures provisoires, puis dans le jugement ou la convention.

Quel juge saisir à Rochefort ou à Surgères ?

Le juge aux affaires familiales compétent est celui du lieu de résidence de l’enfant. Pour une famille installée à Rochefort, à Surgères ou dans leurs environs, il s’agit du juge aux affaires familiales du tribunal judiciaire de La Rochelle.

Le cabinet Lex Valorys vous reçoit dans ses bureaux de Rochefort et de Surgères pour préparer l’accord ou la requête, rassembler les justificatifs de ressources et de charges, et vous représenter devant le juge.

Les délais et repères clés à connaître

Repère Délai Ce que cela signifie
Indexation de la pension Chaque année La pension évolue selon l’indice prévu dans la décision ou la convention.
Abandon de famille Plus de 2 mois Ne pas payer intégralement la pension pendant plus de deux mois peut donner lieu à une plainte pénale.
Paiement direct 6 derniers mois Le commissaire de justice peut récupérer les six dernières mensualités impayées et les échéances à venir.
Recouvrement des arriérés 5 ans Les pensions impayées peuvent être réclamées sur cinq ans au maximum.

Lexique : les termes clés

Qu’est-ce que le droit de visite et d’hébergement ?

C’est le droit, pour le parent chez qui l’enfant ne réside pas habituellement, de le recevoir à certaines périodes : week-ends, vacances scolaires, journées en semaine. Ses modalités sont fixées par l’accord des parents homologué ou par le juge.

Qu’est-ce que l’intermédiation financière ?

C’est le service par lequel l’Aripa, via la caisse d’allocations familiales, collecte chaque mois la pension auprès du parent débiteur et la reverse au parent bénéficiaire. Elle sécurise le paiement et permet d’agir rapidement en cas d’impayé.

Qu’est-ce que la table de référence des pensions alimentaires ?

C’est un outil publié par le ministère de la Justice, qui propose un montant indicatif de pension en fonction des revenus du parent débiteur, du nombre d’enfants et du mode de résidence. Elle n’est pas obligatoire : le juge apprécie chaque situation.

Conclusions

La résidence de l’enfant et la pension alimentaire sont fixées dans le seul intérêt de l’enfant, par l’accord des parents homologué par le juge ou, à défaut, par le juge aux affaires familiales. Ces décisions restent révisables si la situation change. Être accompagné d’un avocat permet de négocier un accord équilibré, de préparer un dossier solide et de faire exécuter la décision en cas d’impayé. Le cabinet Lex Valorys accompagne les parents à Rochefort et à Surgères.

FAQ : résidence de l’enfant et pension alimentaire

Testez vos connaissances sur la résidence de l’enfant et la pension alimentaire

1. La loi privilégie-t-elle un mode de résidence pour l’enfant ?

  • A) Oui, la résidence chez la mère
  • B) Oui, la résidence alternée
  • C) Non, aucun mode de résidence n’est privilégié
  • D) Oui, la résidence chez le parent le plus aisé
✓ Bonne réponse : C) Non, aucun mode de résidence n’est privilégié

2. Qui fixe la résidence de l’enfant en cas de désaccord des parents ?

  • A) Le maire
  • B) Le juge aux affaires familiales
  • C) Le juge des enfants
  • D) La caisse d’allocations familiales
✓ Bonne réponse : B) Le juge aux affaires familiales

3. Une pension alimentaire peut-elle être due en résidence alternée ?

  • A) Non, jamais
  • B) Oui, si les revenus des parents sont très différents
  • C) Seulement si l’enfant est majeur
  • D) Seulement si les parents étaient mariés
✓ Bonne réponse : B) Oui, si les revenus des parents sont très différents

4. Quel organisme peut assurer le versement de la pension d’un parent à l’autre ?

  • A) L’Aripa
  • B) Pôle emploi
  • C) Le notaire
  • D) Le service des impôts
✓ Bonne réponse : A) L’Aripa

5. Au-delà de combien de temps d’impayés le délit d’abandon de famille peut-il être constitué ?

  • A) 15 jours
  • B) Plus de 2 mois
  • C) 6 mois
  • D) 1 an
✓ Bonne réponse : B) Plus de 2 mois

Sources

Article rédigé par Me Brigitte Bouillonnec, avocate associée du cabinet Lex Valorys à Rochefort et Surgères.